Améliorer son accent anglais : dépasser la barrière linguistique

accent anglais

Souvent perçu comme une étape irréalisable, améliorer son accent anglais relève de l’exploit que seuls quelques génies parviennent à accomplir. Si comme moi vous vous êtes déjà demandé comment ces talentueuses personnes parvenaient à être confondues avec des natifs anglophones, alors cet article a spécialement été rédigé pour vous.

Laissez-moi vous raconter une petite histoire avant de vraiment entrer dans le vif  du sujet. Nous sommes en septembre 2012, de retour en salle de classe et je m’apprête à commencer mon premier cours de civilisation américaine après 6 mois d’immersion en Angleterre. Notre professeur américaine nous demande de partager les aspects positifs et négatifs de notre immersion et, tout fier de lui montrer les progrès que j’ai faits, je lève la main pour lui répondre.

La première partie de mon discours sur les aspects positifs de mon long séjour se déroula sans trop de problèmes mais vint se compliquer lors de la deuxième partie sur les aspects plus négatifs. Elle fronça les sourcils et me fit comprendre qu’elle n’avait pas compris un mot de ma phrase. « Because of the ‘eat’??? » (« À cause de la ‘mange’ ??? »), s’exclama-t-elle. Je répétai sans succès le mot à plusieurs reprises jusqu’à perdre espoir et me résoudre à le dire en français : « La chaleur« . Elle comprit aussitôt et me corrigea en s’exclamant : « Ahh, the HEAT » et je me rendis immédiatement compte de mon erreur de prononciation pourtant si insignifiante à mes oreilles.

Les facteurs d’amélioration de l’accent anglais

1. L’oreille

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Cela peut paraître évident mais ne l’était pas spécialement pour moi qui faisais pourtant de la musique depuis tout petit et pensais posséder une oreille musicale plutôt correcte. Le problème n’était pas d’analyser la justesse de la voix d’un locuteur anglais mais de repérer les sons et les intonations peu communes voire totalement inexistantes en français. Dans l’exemple que j’ai cité précédemment, je peux à présent dire avec un certain recul que les sonorités telles que le « h » aspiré ou parfois même la bonne prononciation du « th » n’étaient pas une évidence en soi. Mon professeur m’a ainsi rendu le plus grand service en me reprenant et m’a permis de me rendre compte que les sons qui sortaient de ma bouche n’étaient pas nécessairement ceux que je pensais entendre. Je vous invite à lire mon article Stimuler son apprentissage de l’anglais si vous souhaitez en savoir plus.

2. Redevenir enfant

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J’aime l’idée selon laquelle les enfants apprennent leur langue maternelle non pas en isolant chaque mot mais à travers des phrases. Les adultes ont tendance à faire le contraire et à vouloir à tout prix savoir comment se prononce tel ou tel mot. Savoir que le mot « enough » se prononce /ɪˈnʌf/ est intéressant mais l’intonation est complètement mise de côté en dehors d’un contexte et acquérir un accent anglais ou américain demande d’acquérir une intonation à l’anglaise ou à l’américaine. Il m’est personnellement impossible de penser constamment à l’endroit où les mots que je prononce dans des phrases prennent leurs accents en anglais, tout comme en français. En revanche, en ayant régulièrement répété ces mots dans un contexte et donc dans des phrases, il m’a été possible de me rapprocher de mon objectif : dépasser peu à peu la barrière linguistique.

3. La barrière psychologique

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Ce que j’observe dans mes cours et qui représente le plus grand frein pour obtenir un accent proche de celui d’un natif est la barrière psychologique. On la retrouve chez les élèves qui ont peur d’être ridicules et n’osent pas surjouer en parlant anglais. Vous aurez certainement remarqué que les personnes qui possèdent un excellent accent paraissent complètement différentes du français qu’elles incarnent en temps normal. Cette capacité à jouer en quelque sorte un autre rôle et à imiter un anglophone exige de faire abstraction totale de ce que votre entourage pourra penser. J’ai souvent entendu dire qu’une personne parlait très bien anglais mais exagérait trop son accent. Et devinez quoi, les anglophones à qui j’ai posé la question m’ont avoué que l’accent anglais dit « exagéré » se rapprochait beaucoup du leur. Il n’y a donc plus de secret, agissez en mode anglophone !

Mais au final, est-il si important que cela d’acquérir un accent anglais, américain, australien… irréprochable ?

Lorsque je vivais en Angleterre et travaillais dans un magasin de prêt-à-porter, je ne pouvais m’empêcher de me justifier auprès des clients en leur disant que je souhaitais me débarrasser une bonne fois pour toute de mon accent français. Ce à quoi la quasi totalité des clients répondaient qu’il ne fallait surtout pas m’en débarrasser car l’accent français sonne merveilleusement bien et que le perdre serait un peu comme perdre une partie de mon identité.

Personnellement et avec le recul, je pense que le plus important est d’être compris par les locuteurs natifs et que l’accent joue évidemment un rôle considérable mais pas primordial. A contrario, avoir recours aux bonnes expressions en évitant les calques maladroits avec le français va faire toute la différence dans votre discours. Vouloir obtenir l’accent d’une région ou d’un pays en particulier ne doit pas être votre objectif principal mais un défi qui viendra s’ajouter aux autres au cours de votre apprentissage. Enfin, si vous y parvenez, vous ne perdrez pas votre identité mais en obtiendrez une nouvelle tout aussi enrichissante ! 🙂

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